Sur la création [2]

Mon coach m’explique longuement les tableaux de Poussin.
Puis on parle de la création.

— Mais est-ce que c’est juste que j’écrive dans la journée, alors que je suis directrice de recherche au CNRS ?
— Demande-toi si ça t’est nécessaire. Si ça ne l’est pas, ça ne vaut pas la peine.

écrire c’est toujours un risque
personne n’a besoin que tu écrives
tout le monde s’en fout que t’écrives

il faut arracher de la place dans ta vie pour écrire

tu n’écris que parce que c’est une nécessité
parce que si tu ne le fais pas ton corps va te le faire savoir
qu’il manque quelque chose

Alors pose-toi d’abord la question, oui.

Son : Sophie Hunger, Le vent nous portera, in 1983, 2010

Jan van Eyck, Revers de La Vierge Rolin, circa 1430, après restauration, au Musée du Louvre, croisé sur le chemin des Saisons de Poussin.

Vivez maintenant les questions

Courte séance avec mon coach, avec ses guidages précieux pour tenir la barre des petits et grands navires qui constituent mon laboratoire. Sur les cinq dernières minutes, je lui glisse le non-sens dans lequel je navigue à toutes les échelles – le non sens mène au chaos, le chaos mène au burn out, le burn out mène à la souffrance.

Et Yoda me répond : « Quand je suis comme ça dans le brouillard que tu décris, j’essaie de revenir aux Lettres à un jeune poète de Rilke. Il a cette phrase que je trouve très juste : Vivez maintenant les questions. »

« Et puis si t’as le temps, va au Louvre. Il y a un mur entier dédié aux Saisons de Poussin. Va les regarder et on en reparlera la prochaine fois. Regarde l’hiver. »

Je vous prie d’être patient à l’égard de tout ce qui dans votre cœur est encore irrésolu, et de tenter d’aimer les questions elles-mêmes comme des pièces closes et comme des livres écrits dans une langue fort étrangère. Ne cherchez pas pour l’instant des réponses, qui ne sauraient vous être données ; car vous ne seriez pas en mesure de les vivre. Or, il s’agit précisément de tout vivre. Vivez maintenant les questions. Peut-être en viendrez-vous à vivre peu à peu, sans vous en rendre compte, un jour lointain, l’entrée dans la réponse.

— Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète, 1929

Son : Alan Gogoll, Pumpkin Sunrise – Kyoto Session, in Kyoto Rain, 2026

Nicolas Poussin, Le Printemps [et non l’hiver, finalement], 1660 / 1664, Musée du Louvre

À la fin de l’été

Après la fournaise de l’été, épuisée comme tout le monde, physiquement inflammée, une rentrée qui semble rappeler qu’il n’y a de salut que dans la routine froide. Je prends la voiture pour aller consulter une ostéo inconnue – la mienne étant en congés ; elle pratique sur moi des quartz et des « énergies » en m’effleurant de ses mains qui sentent la cuisine, et fait remarquer que je suis tendue dans le thorax. Du charlatanisme à 70 euros.

À l’aller, à la radio, je tombe sur la voix italienne rassurante de Aldo Ciccolini qui évoque Elisabeth Schwarzkopf [minute 49:50].

Nous avons fait beaucoup de concerts ensemble, et c’est pour moi un souvenir très émouvant, car elle était aussi exceptionnelle comme cantatrice que comme personne. […]

Au retour, Judith Chaine propose trois visages de Bach. Quand je démarre et allume le poste, elle annonce l’Aria de Bach dans l’orchestration de Mahler, par le Los Angeles Philharmonic sous la direction de Esa-Pekka Salonen. Sur la pochette du disque, Dieu est tout jeune, avec ce regard qui dit toute la fougue, la subtilité et la féérie orchestrales que j’aime tant chez lui.

Cette photo, la voix d’Aldo, le service à café en porcelaine dans l’Hôtel de la Marine, et les grosses grappes de raisin par Poussin dans une salle du Louvre, je prends dans le néant ce qu’on me tend de poésie. Il n’y a que cela qui se passe de sens.

Son [pour être remué] : Johann Sebastian Bach, Suite for Organ, Harpsichord & Orchestra (Selections from Bach’s Orchestral Suites, BWV 1067 & BWV 1068): III. Air, Los Angeles Philharmonic dirigé par Esa-Pekka Salonen, 2000

Horagai, 19e siècle, Japon, dans une galerie à Paris, août 2026

Florence

Florence, dix ans plus tard, dans une chaleur brute. Je retrouve depuis l’autre côté de l’Arno cette fois-ci, les bouffées hétéroclites de cette ville tracée à la plume magique, les fenêtres quadrillées de fonte contre les spadassins, les volets foncés à lames mis-clos sur des façades ocres, les tuiles en léger surplomb marquant leur trait d’ombre. Le Duomo, au campanile hérissé d’échafaudages, défie les géomètres en un tangram géant de marbre blanc, vert et rose. De nombres d’or en lignes de fuite, aux fesses charnues de David, un gelato al limon et une pappa al pomodoro plus tard, poursuivie par l’odeur du cuir et de lampredotto. Réfugiée au frais chez Gilli, je bois mon espresso monté de panna montata ; sur la place par la grande vitrine, le carrousel brille et brûle sous le soleil.

Dans la journée à la Fortezza, LHAASO fait un feu d’artifices qui me laisse brouillon, et F., docte, me fait remarquer qu’il faut que je lise A Room with a View. Ma sœur est morte, me dit Z., I’m having a hard time. Au déjeuner, je prends les nouvelles du Japon via S.-san, devant des pâtes fraîches entortillées enrobées de sugo. Dans la tourelle, sous des poutres et des briques, je parle de Gobi et du héron prenant son envol ; des jeunes viennent me causer comme à l’ancien temps des conférences – mais à l’envers.

Quand la nuit tombe, le long de l’Arno paré de lumières rustiques, je suis les voix qui tracent les grands fleuves, les mondes, les pensées agréables et les fondamentaux. La chaleur reste stockée dans la pierre qui la libère dans la ville sans sommeil, je mange beaucoup de glaces.

Chez Gilli, Florence, août 2026

Happy Hill

I said: let’s elope to Provence, olive trees and stone wall. I packed a pink silky dress, a hat, and lots of trouble folded in my bag. Took a train speedy train across words and minds. Streets narrow and beige, cobbled calados, rain poured and washed out pouts —but not the heat. Walked and walked it smelled of pine, lost and return, English words and sounds, and translated rhymes. Stuffed calamars on a yuzu jelly bed, stars gazing through beams of a pool house —gently lit. It’s morning: would you care for breakfast at the terrace? on iron wrought tables laid on white gravels. The air is still fresh. Sheets thin, limestone thick. And looking into the blue mirror, I said: I’m happy and rested.

cat cat
playful cat
under the sofa frills
climb on the bed
roll and stretch out
jump on the windowsill

Son : Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O’Connor, Good Morning, in Singin’in the Rain (Original Motion Picture Soundtrack), 1952

Paul Cézanne, « La Colline des Pauvres près du Château Noir, avec vue sur Saint-Joseph », années 1880, The Met, New York

Stranger Than Paradise

Il fallait bien ces quelques jours de calme pour digérer la culture boulimique de juillet. Stranger Than Paradise, dans la fraîcheur du Champo alors que Paris-marmite se bat sous son couvercle. Ça m’a émue, ce noir et blanc absurde – au point de me renvoyer un caléidoscope d’images dans la tête, dans mes moments silencieux. La fille pas belle, pas moche, plutôt jolie. Un film qui prend son temps puisque les personnages de toute façon n’ont rien à faire de leurs journées. C’est drôle et on sourit d’un sourire un peu triste, à cette combinaison de détails inutiles, à l’ellipse générale – comme si on avait mis Salinger à l’écran. J’aime cette expérience, le vide existentiel américain, l’impression de passer mon cerveau à la machine, une grande vague qui passe et qui lave tout.

Son : Screamin’ Jay Hawkins, I Put a Spell On You, 1956

Eszter Bálint et John Lurie dans Stranger Than Paradise, dir. Jim Jarmush, 1984

La traduction [4]

Le partage raté avec mon éditeur-malgré-ses-yeux-bleus me rappelle que la joie de l’écriture, ces joies fines de l’écriture, sont trop fragiles, trop secrètes, intimes, et merveilleuses, pour tenter de les partager à qui ne sait résonner sur les veinules de la création – à qui ne crée pas viscéralement.

Je pinge L. mon journaliste-poète préféré – qui me répond : je sors de mon train, dînons à 21h30 !

À Château d’eau, quel bazar, j’ai l’impression d’émerger du métro dans une métropole africaine. Mais la brasserie est tamisée, nous mangeons de belles assiettes bobos en parlant poésie, traduction, burn out, Moyen-Orient et diplomatie, en parlant du sens que nous avons pu donner à ce que nous sommes au moment où nos livres sont publiés, qui combinent littérature et notre cœur de métier (science ou journalisme).

Il m’offre L’urgence et la patience, notre incontournable premier sujet de discussion. Quelques lignes au-dessus de « Peu mais beau […] », j’écrivais en effet lyriquement sur l’essence de notre science : « la patience dans l’impatience ».

Il lui paraît – et on sent la technique d’écriture journalistique – que dans les longs textes, il faut arriver à être assez idiomatique sur de grandes parcelles pour que les phrases s’effacent au profit du message. Que c’est cela qui rend la traduction difficile. Que paradoxalement, la poésie qui condense les écarts permet plus de liberté de langue. Il me semble que dans les deux cas, une maîtrise forte est indispensable. Cependant, je mesure ma chance de pouvoir me fier à mon traducteur pour ces idiomes-là, et ainsi me concentrer sur les îlots de poésie et de petites formules, là où justement la langue peut se permettre de virevolter au-delà du convenu.

Son livre sort à la rentrée, il se nourrit pour le suivant – il est serein, dit-il. Il a atteint un endroit de sa vie personnelle et professionnelle où il a une stature, peut-être d’un point de vue structurel comme moi en 2024, lorsque tout se mettait en place. Les hommes ont une posture intéressante dans ces nœuds-là, ils prennent cette assise avec évidence et reçoivent d’ailleurs de la société une reconnaissance sans contrepartie grinçante.1

De mon côté en cet instant, je ne suis pas sereine. Fébrile, plutôt. Autour de cette traduction, je sens qu’à la fois ça vibre et me nourrit profondément, en même temps je ne souhaite pas me tromper, rater cette chance de rendre mon texte juste – pour une édition qui pourra être lue plus largement.

Il m’écrit plus tard, alors que lui fait ses valises pour partir sur le terrain à Jérusalem, et moi dans mon interminable bus de nuit : « Ça te rend émouvante. »

Strike, Life, a happy hour, and let me live
But in that grace!
I shall have gathered all the world can give,
Unending Time and Space!

— Chillingham III, Mary Elisabeth Coleridge, 1907

  1. Alors que je me préparais à prendre mon poste de direction, la tendance générale était de me demander comment j’allais gérer mon stress, si ça allait aller, et comment j’en étais arrivée là. ↩︎

Son : Oliver Davis, Chillingham, for Soprano, Piano and String Ensemble: III. Third Movement, interprété par Grace Davidson, Emma Heathcote, Kerenza Peacock, Katherine Jenkinson, Oliver Davis, n Liberty, 2018. Sur le poème lumineux de Mary Elizabeth Coleridge.

Utopiae insulae figura de Thomas More | © Wormsley Library

La traduction [3]

C’est un tout nouvel exercice, comparable à aucun autre. Ce n’est pas une création, ce n’est pas de l’écriture pure, ce n’est pas une traduction pure, c’est un processus luxueux dans lequel je joue avec ce qui me transporte.

Sur l’ensemble du texte, je passe rapidement avec confiance. Je m’arrête sur les îlots littéraires, ceux poétiques, lyriques – baroques comme dirait mon éditeur-aux-yeux-bleus, et là, je peux toucher, retoucher, jouer aux mots des heures, des jours.

Mon éditeur avait déjà biffé mon

À choisir, je préfère vivre peu mais beau, bref mais intense.

Pour le transformer en « brièvement mais intensément », arguant devant mon insistance que c’était grammaticalement incorrect. J’avais catégoriquement refusé : qu’importe une torsion grammaticale quand la poésie vient poser sa clé sur un chapitre, sur un livre ?

Je souris en découvrant ce que propose mon traducteur :

If I had to choose, I would live briefly but beautifully, briefly but intensely.

L’allitération du b est intéressante, mais la phrase sonne laborieusement, lorsqu’elle devrait être papillonnante, un battement d’ailes. Or j’évalue mal le poids des torsions en anglais, que je suis loin de maîtriser à un niveau littéraire. Peut-on s’autoriser à écrire live brief but intense? live beautiful? C’est une drôle d’école de langues.

Mais ce n’est pas tout : If I had to choose, c’est assez lourd. À choisir, porte en français une légèreté surprenante. Je propose Had I the choice, où l’inversion permet une rupture bienvenue.

D’autres amusements : la recherche d’images et d’expressions qui collent à l’anglais et véhiculent mon message en laissant de côté le littéral. Sur une énumération de scènes d’explorations spatiales anxiogènes, je propose d’insérer dead circuits, parce que Major Tom de Bowie. Et de me re-mater des scènes de Armageddon pour m’inspirer du vocabulaire…

Enfin, pour retrouver les mots originaux de mon amie anglaise S. dans son récit de détection historique, je réécoute son interview en entier –dont certains passages en boucle. Elle est touchante dans sa diction, sa façon de conter, si précise scientifiquement et avec l’émotion entrelacée dans le déroulé. Et la fin Matilda, sa conclusion d’une voix triste, mais qui ne s’éteint pas. Cette histoire est de l’or de bout en bout, quelle chance de l’avoir eue entre mes mains, me dis-je.

À chaque chapitre, je me replonge dans l’atmosphère en écoutant d’abord la bande son associée, soigneusement préparée et inscrite dans mes notes.

Et je ne résiste pas à l’envie, le besoin, de lire ces îlots à voix haute. Ça me fait penser à E. qui me parlait de sa façon de traduire, en déclamant ses textes, car, disait-elle, l’anglais se construit autour de la sonorité. Collégienne, puis lycéenne déjà, je pratiquais cela, effectivement, bien plus que le français, j’aimais écouter en boucle des extraits de films enregistrés sur cassette et des podcasts attrapés sur des postes radio lointains, j’aimais ce jeu musical de répéter ces phrases, telle syllabe oubliée, avalée, laquelle collée à un autre bout de mot de façon non intuitive… la rythmique et le découpage est fascinant, et c’est vrai, contrairement au français, l’anglais s’entend sur la page plus qu’il ne se regarde.

O the high valley, the little low hill,
And the cornfield over the sea,
The wind that rages and then lies still,
And the clouds that rest and flee!

— Chillingham II, Mary Elisabeth Coleridge, 1907

Son : Oliver Davis, Chillingham, for Soprano, Piano and String Ensemble: II. Second Movement, interprété par Grace Davidson, Emma Heathcote, Kerenza Peacock, Katherine Jenkinson, Oliver Davis, n Liberty, 2018. Sur le poème lumineux de Mary Elizabeth Coleridge.

Juan Cobo, Libro chino intitulado Beng Sim Po Cam […], MS No. 6040, Biblioteca Nacional de España. Copie personnelle et traduction de Juan Cobo du manuscrit chinois Mingxin baojian 明心寶鑑 (Precious Mirror for Enlightening the Mind) (circa 1590)

La traduction [2]

Ce matin au réveil, après ces longs mois d’attente, je découvre un mail de mon traducteur contenant un chapitre. Je le laisse au chaud dans la boîte, je me dis : je vais écrire mes billets, me promener, rédiger mon dossier de promotion… enfin la curiosité (et la procrastination sur mon dossier de promo) l’emporte, je clique, j’ouvre, je retrouve ce titre et ce sous-titre cliché qui me déplaît… à changer me dis-je. Puis

puis ensuite j’ai des larmes plein les yeux

je saute les paragraphes, je cherche ce qui compte – il y aura des bricoles à remettre en place bien sûr, mais – comme tout sonne juste, ça coule à grands flots de mots qui portent, qui me portent

C’est, me dis-je confusément, alors que je me dis trop de choses, c’est comme si j’assistais au renouveau de mon livre, à sa création, à sa re-création, par d’autres mains, qui m’ont apprise, qui m’ont comprise, qui ont pris tout ce qui comptait pour le transmuter

C’est écrit comme je l’aurais écrit si j’avais su parler anglais.

Je me dis aussi : cet été torride, long, infâme, sans âme apparente, c’était cette attente-là

et c’est merveilleux, c’est luxueux, c’est merveilleux.

Plus tard, j’essaie de l’expliquer à mon éditeur – qui me parle alors de double pages possibles dans les médias, dans Nature, de ses autres auteurs traduits, du fait que le livre peut se vendre, de chiffres… Comme en décembre 2024 avant la sortie du livre, il y a, dans le couple infernal, une évidente dissonance d’objectifs.

Through the sunny garden
The humming bees are still;
The fir climbs the heather,
The heather climbs the hill.

The low clouds have riven
A little rift through.
The hill climbs to heaven,
Far away and blue.

— Chillingham I, Mary Elisabeth Coleridge, 1907

Son : Oliver Davis, Chillingham, for Soprano, Piano and String Ensemble: I. First Movement, interprété par Grace Davidson, Emma Heathcote, Kerenza Peacock, Katherine Jenkinson, Oliver Davis, n Liberty, 2018. Sur le poème lumineux de Mary Elizabeth Coleridge.

Hésiode, Les Travaux et les Jours, Ed. 1539, Publ. 700 av. JC.

Jeux d’eau

Sous les grands tilleuls coupés au carré, les grands marronniers, les allées de graviers et plate-bandes débordants de rosiers rouges et gaura blancs rosé. Robe longue, fleurie et serrée à la taille, chapeau, c’était la Villa d’Este et les jeux d’eaux, les fontaines Arcimboldo et le petit garçon-chou vert, la balustrade donnait sur un plan d’eau caché, long, à la surface ridée, et les carpes traçaient leur silhouette sur l’algue verte. Un petit vent frais filait entre les buis, seulement 31 degrés aujourd’hui, on aurait dit un village de province, la halle aux volets clos, les vieilles pierres blanchies, les terrasses au son de couverts tranquilles, comme un dimanche matin. Parfois un avion de chasse attrape le temps et le compresse comme un mauvais oracle. L’odeur des aiguilles de pin croustillants de soleil, La Traviata, les comédies musicales et mes billets prononcés à l’ombre du pavillon au dôme arabisant, et de la glace pour prolonger l’été comme un roman.

Son : Franz Liszt, Années de pèlerinage / 3ème année, S. 163: No. 4, Les jeux d’eau à la Villa d’Este, interprété par Hélène Grimaud, in Water, 2016

Maurice Denis, Femme en bleu, 1899