Il fallait bien ces quelques jours de calme pour digérer la culture boulimique de juillet. Stranger Than Paradise, dans la fraîcheur du Champo alors que Paris-marmite se bat sous son couvercle. Ça m’a émue, ce noir et blanc absurde – au point de me renvoyer un caléidoscope d’images dans la tête, dans mes moments silencieux. La fille pas belle, pas moche, plutôt jolie. Un film qui prend son temps puisque les personnages de toute façon n’ont rien à faire de leurs journées. C’est drôle et on sourit d’un sourire un peu triste, à cette combinaison de détails inutiles, à l’ellipse générale – comme si on avait mis Salinger à l’écran. J’aime cette expérience, le vide existentiel américain, l’impression de passer mon cerveau à la machine, une grande vague qui passe et qui lave tout.
Son : Screamin’ Jay Hawkins, I Put a Spell On You, 1956
