Happy Hill

I said: let’s elope to Provence, olive trees and stone wall. I packed a pink silky dress, a hat, and lots of trouble folded in my bag. Took a train speedy train across words and minds. Streets narrow and beige, cobbled calados, rain poured and washed out pouts —but not the heat. Walked and walked it smelled of pine, lost and return, English words and sounds, and translated rhymes. Stuffed calamars on a yuzu jelly bed, stars gazing through beams of a pool house —gently lit. It’s morning: would you care for breakfast at the terrace? on iron wrought tables laid on white gravels. The air is still fresh. Sheets thin, limestone thick. And looking into the blue mirror, I said: I’m happy and rested.

cat cat
playful cat
under the sofa frills
climb on the bed
roll and stretch out
jump on the windowsill

Son : Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O’Connor, Good Morning, in Singin’in the Rain (Original Motion Picture Soundtrack), 1952

Paul Cézanne, « La Colline des Pauvres près du Château Noir, avec vue sur Saint-Joseph », années 1880, The Met, New York

« Il faut que tu sois plus douce »

Et cette phrase qui tombe comme le couperet, la transition d’un univers. Rien plus jamais ne sera pareil – nous nous endormions, nous nous réveillons. C’est le baiser du prince à la Belle au Bois Dormant, le moment où nous sourions, disons poliment merci, et partons à l’assaut du monde avec une bande de nains. Le merveilleux glas qui sonne que de près ou de loin, vous ne valez pas grand chose, ni notre énergie, ni surtout notre respect. Qu’il faut avancer sans vous, les coudes serrés entre ceux, rares, identifié(e)s, qui savent l’infiltration perverse du sucre et du microplastique. Le monde court à sa perte ; notre place, nous la tenons, et nous avons tant à faire – que vous ne saurez jamais faire dans votre lâcheté procrastinante et désorganisée. Mais de grâce, arrêtez de faire du bruit et si vous ne savez pas dire merci, laissez-nous œuvrer en paix. À la réunion des directeurs de laboratoires, encore : C., notre cheffe, tient la barque avec intelligence et humour, pour se prendre à la fin un paternaliste « C. on est tous avec toi, il ne faut pas que ça t’empêche de dormir, prends soin de toi. » Intéressant, je vois que là où ça tisse le plus juste et le plus fort, c’est toujours entre les poignes de femmes dirigeantes. Douce, Messieurs, nous le serons lorsque ça sera opportun. Il est temps que vous travailliez tous seuls sur vos insécurités, que vous rangiez votre bureau, compreniez vos limites. Vos petitesses ne nous intéressent pas ; nous sommes attendues pour des choses plus grandes que vous.

Son : Katy Perry, Roar, in Prism 2013.

Publicité pour corsets Berlei, 1942

Dunhuang

Aux confins des routes et des soies, la topographie peut être accidentée, périlleuse – pour ne pas périr, il faut laisser le voyageur sur le bas côté, lui demander de descendre, et on a à peine un regard dans le rétroviseur, sur la poussière qui prend le turban clair. Il y a, là bas, plus loin, cette cité d’or, et il faut y arriver avant la tombée de la nuit.

La nuit : juillet 2027. La cité d’or : Buenos Aires, où se tiendra la prochaine conférence internationale du domaine, et où il faudra publier nos spectres de rayons cosmiques, sous peine d’être mauvais.

Je suis dans cette salle aveugle, à la décoration surchargée, grossière, aux matériaux pourtant nobles, travaillés sans goût, et j’écoute les présentations d’une oreille pendant que je trace l’architecture de notre édifice cosmique. Je ne suis plus porte-parole du projet, mais après réflexion, je me suis proposée pour mener le groupe de travail scientifique qui produira ce fameux spectre. Pourquoi ? Parce qu’il m’est apparu (tout volume de cheville égal par ailleurs) que je suis un peu comme Obi-Wan Kenobi, pour sortir ce résultat.

Carrie Fisher en Princesse Leia, in Star Wars: Episode IV – A New Hope, dir. George Lukas, 1977

Je ne dis pas que nous y arriverons, parce que les linteaux et les pierres, chacun doit les tailler, et l’architecte et la maîtresse d’œuvre ne sont rien sans le travail acharné des artisans.

Or c’est étrange, en ce matin climatisé, à boire café sur café avec les choux à la crème, de gros raisins secs et les amandes entières, le silence. Le silence dans l’habitacle comme je prends le volant dans un chaos maîtrisé. Je trace les traits et l’équilibre se dessine entre les composantes, je sais encore la science, d’où elle provient, les données et les équations, et je sais aussi les gens de ma collaboration.

Quand l’adversité atteint la limite de la rupture, soudain s’écoule la nappe de médiocrité, et se libère l’énergie, je redeviens réelle, physicienne, créatrice, et non fictive et atrophiée.

Mais ça ne dure que quelques heures, car le voyageur surgit et attend au bord de la route. Et vous ouvrez la portière, vous le laissez embarquer. Parce que la compagnie humaine vaut mieux dans le désert, malgré l’entropie ? Parce que vous espérez que l’interaction sera différente, sans essorage neuronal ?

La cité d’or se rapproche, les suspensions crissent, et vous ne savez pas, ne saurez pas, si vous avez pris la bonne décision.

Son : Wu Man, Silkroad Ensemble, Yo-Yo Ma, Night Thoughts, in A Playlist Without Borders, 2013

Timothée Chalamet en Paul Atréide, in Dune: Part Two, dir. Denis Villeneuve, 2024

Sous la pluie les gouttes de pluie la glycine gouttait goutte à goutte après le déluge les grandes bottes de pluie j’avais été te trouver dans le déluge en enfourchant des bus puis des bus et j’ai raté mon arrêt, remontée de tes mots de la veille je me suis dit : pourquoi est-ce que je fais cet effort là ? toi au chaud et moi sous la pluie. Plus tard tu m’as écrit que tu étais au jardin, sous la pluie et dans les rêves, puis tu as pris un train et nous étions sous la glycine, tu es venu avec un coquelicot à la main, et moi un banana bread, le banana bread de la réconciliation, j’ai dit. J’avais enfin la mémoire de ce que je suis et où je m’arrête et pourtant dans ce fil-là, on aurait dit le déroulé d’un animé japonais ou d’un drama coréen, ce n’était pas grave et c’était important, c’était fleuri, printanier, et dans la scénographie il y avait les senteurs de la pluie, il y avait la verdure et la nature. Chaque saison, au Japon, c’est comme si l’art était empreint de la règle du haïku, toujours insérer un élément qui rappelle la saison. Si on ne rappelle pas la saison, il n’y a pas de poème, pas de vie, pas de vécu.

Son : Kotringo, 悲しくてやりきれない, in In This Corner of the World Original Soundtrack, 2016

Hayao Miyazaki, Mon voisin Totoro, 1988

Charade normande [8]

Son : Stan Getz, Charade, in Reflections, 2003

Jeudi : dernier jour des vacances. En prenant son café du matin, Audrey H. fit de nouveau la lecture à Jean-Louis. Cette fois-ci, non sur son téléphone, mais directement dans le carnet Moleskine.

En quittant Surmak, on traverse d’abord des étendues rouges et noires semées de taches de sel. Au bout de cent kilomètres, c’est le sel qui l’emporte, et malheur à qui n’a pas de quoi protéger ses yeux. Nous avons roulé de quatre à sept heures du soir sur cette excellente piste de terre sans rencontrer âme qui vive. A cause de la sécheresse de l’air, le regard porte à des distances incroyables: cette construction, là-bas, sous un arbre isolé, combien de kilomètres ? Thierry dit quatorze ; moi, dix-sept. On parie, on roule et le soir tombe avant que personne gagne: elle est à quarante-huit kilomètres en ligne droite.

— Nicolas Bouvier, L’usage du monde, Ed. La Découverte, 1963

Un message de Cary G. interrompit leur lecture : « J’emmène ma tante visiter Veules-les-roses. »

Elle s’y rendit donc elle aussi, un crochet avant de rentrer à Paris. Ils se perdirent entre les maisons et les fleurs, en prenant soin de ne pas se croiser. Au moulin, en amont de la Veule, elle inséra le Moleskine noir dans un double ziploc empli d’air, et le laissa flotter et dériver dans l’eau, vers l’aval. Jean-Louis jouait dans l’eau fraîche du ruisseau.

« Got it! » surgit moins d’une minute plus tard, la réponse d’un dénommé Nicolas B., qui n’était autre que Cary G., et qu’Audrey H. allait, paraît-il, épouser.

Pierre Bonnard, Panneaux décoratifs – Femmes au jardin, 1891, Musée d’Orsay

Charade normande [7]

Son : Georges Brassens, La non demande en mariage, 1966

Audrey H. ne semblait pas surprise de le voir. Il lui avait apporté des fraises de Jumièges. Elle lui demanda où il logeait.

« Chez ma tante, dans notre maison familiale, à Saint Jouin Bruneval. »

Devant son sourcil froncé, il expliqua :

« Jean-Baptiste Feuilloley, le premier maire d’Yport, avait bel et bien une double vie. Il était tombé amoureux d’une princesse persane en exil. Il la cachait à Saint Jouin, où il avait fondé une seconde famille – ma famille.
— Alors la maison de ta tante…
— C’est celle de Feuilloley et de sa princesse.
— Et le diamant… 
— Digne d’une princesse, a pensé Feuilloley. Il a profité du transfert du bijou dans la tour de l’horloge pour escamoter la pierre. Il l’a offerte à son amante. Et pour éviter tout esclandre, il l’a remplacée par un cristal de sel bleu de Perse qu’elle lui avait elle-même donné. »

Elle pensait aux pages du carnet de Nicolas B., ses déserts silencieux, et ce sel bleu que l’on extrait dans les flancs des montagnes de l’Ergourz, au nord de l’Iran.

« Le subterfuge a tenu quasiment deux siècles. Mais l’autre nuit, va savoir pourquoi, le réchauffement climatique ? L’air s’est chargé d’une humidité record. Le cristal de sel bleu n’a pas résisté. Il était déjà rongé par les embruns. Il a totalement fondu. »

Il sortit de la poche de son pardessus, successivement, le pliage du pas de l’ange, et une petite boîte qu’il lui tendit.

« Il était dans une cache sous une gouttière de la maison. Je pense qu’il a sa place dans la collection des minéraux de Sorbonne Université, ou un musée à Yport. Bon courage simplement pour la paperasse. »

Audrey H. tendit la main, prit la boîte, souleva le couvercle, et y découvrit un diamant bleu à l’éclat sans équivoque pour une minéralogiste spécialisée en diamants mantéliques –à inclusion qui plus est. Elle murmura, dans un transport scientifique geek, aussi ridicule qu’émouvant : « Regarde, ce sont les inclusions de bore dans la structure cristalline qui font cette couleur. Une particularité chimique extrêmement rare. »

Le diamant était monté sur une bague. Il déposa entre ses doigts le papier plié. Elle hésita un instant puis l’ouvrit sans bien comprendre. Le message disait, d’une écriture serrée :

« La bague est malhonnête mais ma demande en mariage ne l’est pas. »

Diamant bleu Farnèse (6,16 carats). Découvert dans la mine de Golconde en Inde, il y a 300 ans et offert à Elisabeth Farnèse, reine d’Espagne, épouse du roi Philippe V.

Charade normande [6]

Son : Maurice Ravel, Gaspard de la Nuit, M. 55: I. Ondine, 1908, Vanessa Wagner, in Ravel: Piano Works, 2014,

Mercredi, Jean-Louis voulait aussi grimper aux arbres, et Audrey H. l’accompagna pour prendre de la hauteur. Redescendus sur terre ferme, ils se rendirent sur le front de mer d’Yport, se graisser les doigts dans une barquette de frites. Elle mit un petit message à Nicolas B. : « RAS sauf peut-être sous le pied de l’ange. »

Dans la suite de l’après-midi, le gouffre : rattrapée par le travail administratif laissé au laboratoire, empêtrée dans des organisations poussives et des discussions ineptes, elle attrapa quelques crabes, dont un perdit une pince. Jean-Louis s’en affligea longuement.

Au même moment, à Fécamp, Cary G. pénétrait dans l’une des chapelles de l’Abbaye, repérait un pliage en forme de diamant, le rangeait dans la poche de son pardessus.

À la tombée de la nuit, il était à Yport.

Il surveilla par la fenêtre Audrey H. et Jean-Louis en train de préparer des cookies. Ça sentait le beurre au sel de Guérande jusque dans la rue. Il attendit tranquillement que l’histoire du soir soit lue et que Jean-Louis soit endormi.

Puis il frappa à la porte.

Claude Monet (1840-1926), Yport, la nuit, pastel on paper adhered to a support sheet.

Charade normande [5]

Son : Kate Bush, Running Up That Hill (A Deal With God), in Hounds of Love, 1985

Mardi, Jean-Louis avait oublié de prendre des slips, alors il fallait aller au Leclerc en acheter. Cela faisait partie des aléas d’une enquête. Ils en profitèrent pour s’arrêter à l’Abbatiale de Fécamp. Dans les couloirs aériens de la nef et dans les boudoirs à colonnades blanches, les liens historiques se tissaient avec les moines outre-Manche ; on entendait les plumes gratter le papier, comme les scribes recopiaient des kilos de livres, pour constituer l’un des scriptoriums pionniers du monde médiéval.

Dans la chapelle du pas de l’ange, une pierre usée, incurvée, qui aurait été creusée par ledit ange. Elle était accompagnée d’une sculpture gothique qui sert de réceptacle à des bouts de papiers pliés et autres prières païennes. Jean-Louis écrivit un vœu, Audrey H. griffonna une charade et plia la feuille en forme de diamant. Parfois c’était ainsi qu’on pêchait les crevettes.

Abbaye de la Trinité de Fécamp, avril 2026

Ayant ouvert et déchiffré le Moleskine, ils reprirent la Coccinelle et mirent le cap sur la Valleuse d’Antifer, au-dessus d’Étretat. Sur le voilier de leurs imperméables, en tenant leurs chapeaux, les bancs de lumière ruisselaient dans les champs, tout en haut tout en haut des falaises. Ils s’arrêtèrent, croquèrent le paysage, assistèrent à l’envolée des cansons de Jean-Louis dans le vent, puis revenus dans la ville et sa foule, commandèrent une glace à la Bénédictine, aussitôt volée par une flopée de goélands.

Pendant ce temps, Cary G. grimpait aux arbres pour accéder à une cache derrière la gouttière de la maison de sa tante.

Falaise d’Aval, avril 2026 © Electre

Charade normande [4]

Son : Parviz Meshkatian, Kambiz Roshan Ravan, A Piece for Santur & Orchestra, in Doode Ood, 2011

Lundi : Cary G. emmena sa vieille tante à Étretat, mais elle n’était pas assez vaillante pour aller au sommet. Il se perdit dans le bain de foule et dans la longue marche jusqu’au parking à touristes.

Lundi : marée basse à Yport. Jean-Louis et Audrey H. partirent avec seau et épuisette débusquer des crevettes. Sur le chemin, dans un petit café, tout en dégustant un Brésil de spécialité et une tarte fine, elle écrivit à Nicolas B. : « RAS. Pas de trace de diamant bleu, personne n’en parle ici. C’est une vaste blague. »

Elle reçut pour toute réponse les photos de son carnet de voyage. Des pages de sa traversée du désert iranien, ses mésaventures automobile sur la route de Yezd. Faute de comprendre ce que signifiait son message, ni s’il était en France ou en Iran, elle les lut à voix haute à Jean-Louis, qui se tartinait de Chantilly.

??

Nous nous étions beaucoup interrogés sur ce gâteau de terre dressé loin devant nous en bordure de la piste : la forme à peu près d’un cornet à dés renversé, ou d’un œuf posé sur la base. Mais c’est une enceinte carrée, aveugle, dont le sommet crénelé s’élève à trente mètres au-dessus du désert de sel. Silence absolu et soleil vertical. Un ruisseau qui traverse la piste y pénètre en passant sous une porte à peine assez large pour un âne bâté. On l’a poussée, et derrière, il y avait un mouton écorché suspendu à une voûte, des cris d’enfants, des ruelles bordées de plusieurs étages de maisons, une grande pièce d’eau turquoise entourée de noyers, de maïs, de petits champs qui montaient en gradins jusqu’au niveau des murailles. Bref, toute une ville à vivre sur ce filet d’eau. En levant la tête, on voyait d’étroites volées d’escaliers monter en zigzag jusqu’à la ligne des créneaux, et le soleil comme du fond d’un puits. Les quelques vivants de cette place forte sont revenus avant nous de leur surprise, et le plus hardi nous a offert le thé chez lui. Une centaine d’habitants s’accrochent encore à cet endroit qui s’appelle Fakhrabad, et subsistent grâce aux petits troupeaux qu’ils ont dans les montagnes, à deux journées de marche. Parfois un camion d’épicerie venu de Yezd s’arrête devant la porte ; parfois aussi une semaine entière s’écoule sans qu’on voie rien passer sous les murailles.

Ici, le vent même n’entre pas. Les feuilles mortes de plusieurs années tapissent les toits, les terrasses, les escaliers acrobatiques, et craquent sous le pied.

— Nicolas Bouvier, L’usage du monde, Ed. La Découverte, 1963

Thierry Vernet, illustration de L’usage du monde, Nicolas Bouvier, Ed. La Découverte, 1963

Jeux d’eau reflétés sur les tables-rochers, ils marchèrent loin en contournant les falaises sur la gauche, jusqu’à ne plus voir la ville. La côte d’albâtre continuait à perte de vue, et ce trou gigantesque creusé dans la craie, qui sentait l’algue. Ils prirent deux crevettes dans le seau en plastique – un goût de pas assez.

En rentrant à Yport, la tour de l’horloge avait un air interrogateur. Ils cuisirent un crumble avec du beurre du crémier et les pommes du verger.

***

Cette nuit-là, Cary G. se faufila dans Yport dans l’obscurité, interrogea l’horloge, la falaise, les deux rues du village, passa par la porte qu’Audrey H. avait oublié de fermer, prit trois cuillères de crumble et de la glace à la vanille. « Et qui a mangé le Neuchâtel au lin ? » s’offusqua Jean-Louis au réveil le matin.

Mais ce n’est pas le fromage qu’Audrey H. repéra sur la table. Elle attrapa le Moleskine noir rempli d’une écriture serrée et le glissa dans son sac. Les indices de Cary G., elle allait les débusquer, et avec plus de succès que les crevettes translucides.

Thomas Chelimsky et Audrey Hepburn in Charade, 1963

Charade normande [3]

Son : Henri Mancini, Charade (Main Title), in Charade, 1963

Audrey H. et Jean-Louis ignoraient que la veille, un certain Cary G. avait déjà fait la route jusqu’à Saint Jouin Bruneval. Il était parvenu à la même conclusion : ce premier maire constituait une piste sérieuse. Il voulait donc voir les décombres du Château du Clos des Fées, ainsi que les registres de l’église, et ça tombait bien : sa vieille tante habitait toujours la maison familiale du village. Il s’invita donc chez elle.

Dimanche vers 11h, il avait acheté les dernières fraises chez le marchand d’Octeville-sur-mer. Il avait fait un tour dans le rayon vert de l’église romano-gothique de Saint Martin, repéré la frise sur la Villa cossue juste à côté. Vers 13h, il déjeunait dans son petit jardin, entouré de glycine, de sa tante et de deux chats, alors que Audrey H. et Jean-Louis reprenaient leur Coccinelle, bredouilles.

Saint Jouin Bruneval, avril 2026, tous droits réservés