Jeudi : dernier jour des vacances. En prenant son café du matin, Audrey H. fit de nouveau la lecture à Jean-Louis. Cette fois-ci, non sur son téléphone, mais directement dans le carnet Moleskine.
En quittant Surmak, on traverse d’abord des étendues rouges et noires semées de taches de sel. Au bout de cent kilomètres, c’est le sel qui l’emporte, et malheur à qui n’a pas de quoi protéger ses yeux. Nous avons roulé de quatre à sept heures du soir sur cette excellente piste de terre sans rencontrer âme qui vive. A cause de la sécheresse de l’air, le regard porte à des distances incroyables: cette construction, là-bas, sous un arbre isolé, combien de kilomètres ? Thierry dit quatorze ; moi, dix-sept. On parie, on roule et le soir tombe avant que personne gagne: elle est à quarante-huit kilomètres en ligne droite.
— Nicolas Bouvier, L’usage du monde, Ed. La Découverte, 1963
Un message de Cary G. interrompit leur lecture : « J’emmène ma tante visiter Veules-les-roses. »
Elle s’y rendit donc elle aussi, un crochet avant de rentrer à Paris. Ils se perdirent entre les maisons et les fleurs, en prenant soin de ne pas se croiser. Au moulin, en amont de la Veule, elle inséra le Moleskine noir dans un double ziploc empli d’air, et le laissa flotter et dériver dans l’eau, vers l’aval. Jean-Louis jouait dans l’eau fraîche du ruisseau.
« Got it! » surgit moins d’une minute plus tard, la réponse d’un dénommé Nicolas B., qui n’était autre que Cary G., et qu’Audrey H. allait, paraît-il, épouser.
Pierre Bonnard, Panneaux décoratifs – Femmes au jardin, 1891, Musée d’Orsay
Audrey H. ne semblait pas surprise de le voir. Il lui avait apporté des fraises de Jumièges. Elle lui demanda où il logeait.
« Chez ma tante, dans notre maison familiale, à Saint Jouin Bruneval. »
Devant son sourcil froncé, il expliqua :
« Jean-Baptiste Feuilloley, le premier maire d’Yport, avait bel et bien une double vie. Il était tombé amoureux d’une princesse persane en exil. Il la cachait à Saint Jouin, où il avait fondé une seconde famille – ma famille. — Alors la maison de ta tante… — C’est celle de Feuilloley et de sa princesse. — Et le diamant… — Digne d’une princesse, a pensé Feuilloley. Il a profité du transfert du bijou dans la tour de l’horloge pour escamoter la pierre. Il l’a offerte à son amante. Et pour éviter tout esclandre, il l’a remplacée par un cristal de sel bleu de Perse qu’elle lui avait elle-même donné. »
Elle pensait aux pages du carnet de Nicolas B., ses déserts silencieux, et ce sel bleu que l’on extrait dans les flancs des montagnes de l’Ergourz, au nord de l’Iran.
« Le subterfuge a tenu quasiment deux siècles. Mais l’autre nuit, va savoir pourquoi, le réchauffement climatique ? L’air s’est chargé d’une humidité record. Le cristal de sel bleu n’a pas résisté. Il était déjà rongé par les embruns. Il a totalement fondu. »
Il sortit de la poche de son pardessus, successivement, le pliage du pas de l’ange, et une petite boîte qu’il lui tendit.
« Il était dans une cache sous une gouttière de la maison. Je pense qu’il a sa place dans la collection des minéraux de Sorbonne Université, ou un musée à Yport. Bon courage simplement pour la paperasse. »
Audrey H. tendit la main, prit la boîte, souleva le couvercle, et y découvrit un diamant bleu à l’éclat sans équivoque pour une minéralogiste spécialisée en diamants mantéliques –à inclusion qui plus est. Elle murmura, dans un transport scientifique geek, aussi ridicule qu’émouvant : « Regarde, ce sont les inclusions de bore dans la structure cristalline qui font cette couleur. Une particularité chimique extrêmement rare. »
Le diamant était monté sur une bague. Il déposa entre ses doigts le papier plié. Elle hésita un instant puis l’ouvrit sans bien comprendre. Le message disait, d’une écriture serrée :
« La bague est malhonnête mais ma demande en mariage ne l’est pas. »
Diamant bleu Farnèse (6,16 carats). Découvert dans la mine de Golconde en Inde, il y a 300 ans et offert à Elisabeth Farnèse, reine d’Espagne, épouse du roi Philippe V.
Mercredi, Jean-Louis voulait aussi grimper aux arbres, et Audrey H. l’accompagna pour prendre de la hauteur. Redescendus sur terre ferme, ils se rendirent sur le front de mer d’Yport, se graisser les doigts dans une barquette de frites. Elle mit un petit message à Nicolas B. : « RAS sauf peut-être sous le pied de l’ange. »
Dans la suite de l’après-midi, le gouffre : rattrapée par le travail administratif laissé au laboratoire, empêtrée dans des organisations poussives et des discussions ineptes, elle attrapa quelques crabes, dont un perdit une pince. Jean-Louis s’en affligea longuement.
Au même moment, à Fécamp, Cary G. pénétrait dans l’une des chapelles de l’Abbaye, repérait un pliage en forme de diamant, le rangeait dans la poche de son pardessus.
À la tombée de la nuit, il était à Yport.
Il surveilla par la fenêtre Audrey H. et Jean-Louis en train de préparer des cookies. Ça sentait le beurre au sel de Guérande jusque dans la rue. Il attendit tranquillement que l’histoire du soir soit lue et que Jean-Louis soit endormi.
Puis il frappa à la porte.
Claude Monet (1840-1926), Yport, la nuit, pastel on paper adhered to a support sheet.
Mardi, Jean-Louis avait oublié de prendre des slips, alors il fallait aller au Leclerc en acheter. Cela faisait partie des aléas d’une enquête. Ils en profitèrent pour s’arrêter à l’Abbatiale de Fécamp. Dans les couloirs aériens de la nef et dans les boudoirs à colonnades blanches, les liens historiques se tissaient avec les moines outre-Manche ; on entendait les plumes gratter le papier, comme les scribes recopiaient des kilos de livres, pour constituer l’un des scriptoriums pionniers du monde médiéval.
Dans la chapelle du pas de l’ange, une pierre usée, incurvée, qui aurait été creusée par ledit ange. Elle était accompagnée d’une sculpture gothique qui sert de réceptacle à des bouts de papiers pliés et autres prières païennes. Jean-Louis écrivit un vœu, Audrey H. griffonna une charade et plia la feuille en forme de diamant. Parfois c’était ainsi qu’on pêchait les crevettes.
Abbaye de la Trinité de Fécamp, avril 2026
Ayant ouvert et déchiffré le Moleskine, ils reprirent la Coccinelle et mirent le cap sur la Valleuse d’Antifer, au-dessus d’Étretat. Sur le voilier de leurs imperméables, en tenant leurs chapeaux, les bancs de lumière ruisselaient dans les champs, tout en haut tout en haut des falaises. Ils s’arrêtèrent, croquèrent le paysage, assistèrent à l’envolée des cansons de Jean-Louis dans le vent, puis revenus dans la ville et sa foule, commandèrent une glace à la Bénédictine, aussitôt volée par une flopée de goélands.
Pendant ce temps, Cary G. grimpait aux arbres pour accéder à une cache derrière la gouttière de la maison de sa tante.
Lundi : Cary G. emmena sa vieille tante à Étretat, mais elle n’était pas assez vaillante pour aller au sommet. Il se perdit dans le bain de foule et dans la longue marche jusqu’au parking à touristes.
Lundi : marée basse à Yport. Jean-Louis et Audrey H. partirent avec seau et épuisette débusquer des crevettes. Sur le chemin, dans un petit café, tout en dégustant un Brésil de spécialité et une tarte fine, elle écrivit à Nicolas B. : « RAS. Pas de trace de diamant bleu, personne n’en parle ici. C’est une vaste blague. »
Elle reçut pour toute réponse les photos de son carnet de voyage. Des pages de sa traversée du désert iranien, ses mésaventures automobile sur la route de Yezd. Faute de comprendre ce que signifiait son message, ni s’il était en France ou en Iran, elle les lut à voix haute à Jean-Louis, qui se tartinait de Chantilly.
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Nous nous étions beaucoup interrogés sur ce gâteau de terre dressé loin devant nous en bordure de la piste : la forme à peu près d’un cornet à dés renversé, ou d’un œuf posé sur la base. Mais c’est une enceinte carrée, aveugle, dont le sommet crénelé s’élève à trente mètres au-dessus du désert de sel. Silence absolu et soleil vertical. Un ruisseau qui traverse la piste y pénètre en passant sous une porte à peine assez large pour un âne bâté. On l’a poussée, et derrière, il y avait un mouton écorché suspendu à une voûte, des cris d’enfants, des ruelles bordées de plusieurs étages de maisons, une grande pièce d’eau turquoise entourée de noyers, de maïs, de petits champs qui montaient en gradins jusqu’au niveau des murailles. Bref, toute une ville à vivre sur ce filet d’eau. En levant la tête, on voyait d’étroites volées d’escaliers monter en zigzag jusqu’à la ligne des créneaux, et le soleil comme du fond d’un puits. Les quelques vivants de cette place forte sont revenus avant nous de leur surprise, et le plus hardi nous a offert le thé chez lui. Une centaine d’habitants s’accrochent encore à cet endroit qui s’appelle Fakhrabad, et subsistent grâce aux petits troupeaux qu’ils ont dans les montagnes, à deux journées de marche. Parfois un camion d’épicerie venu de Yezd s’arrête devant la porte ; parfois aussi une semaine entière s’écoule sans qu’on voie rien passer sous les murailles.
Ici, le vent même n’entre pas. Les feuilles mortes de plusieurs années tapissent les toits, les terrasses, les escaliers acrobatiques, et craquent sous le pied.
— Nicolas Bouvier, L’usage du monde, Ed. La Découverte, 1963
Thierry Vernet, illustration de L’usage du monde, Nicolas Bouvier, Ed. La Découverte, 1963
Jeux d’eau reflétés sur les tables-rochers, ils marchèrent loin en contournant les falaises sur la gauche, jusqu’à ne plus voir la ville. La côte d’albâtre continuait à perte de vue, et ce trou gigantesque creusé dans la craie, qui sentait l’algue. Ils prirent deux crevettes dans le seau en plastique – un goût de pas assez.
En rentrant à Yport, la tour de l’horloge avait un air interrogateur. Ils cuisirent un crumble avec du beurre du crémier et les pommes du verger.
***
Cette nuit-là, Cary G. se faufila dans Yport dans l’obscurité, interrogea l’horloge, la falaise, les deux rues du village, passa par la porte qu’Audrey H. avait oublié de fermer, prit trois cuillères de crumble et de la glace à la vanille. « Et qui a mangé le Neuchâtel au lin ? » s’offusqua Jean-Louis au réveil le matin.
Mais ce n’est pas le fromage qu’Audrey H. repéra sur la table. Elle attrapa le Moleskine noir rempli d’une écriture serrée et le glissa dans son sac. Les indices de Cary G., elle allait les débusquer, et avec plus de succès que les crevettes translucides.
Thomas Chelimsky et Audrey Hepburn in Charade, 1963
Audrey H. et Jean-Louis ignoraient que la veille, un certain Cary G. avait déjà fait la route jusqu’à Saint Jouin Bruneval. Il était parvenu à la même conclusion : ce premier maire constituait une piste sérieuse. Il voulait donc voir les décombres du Château du Clos des Fées, ainsi que les registres de l’église, et ça tombait bien : sa vieille tante habitait toujours la maison familiale du village. Il s’invita donc chez elle.
Dimanche vers 11h, il avait acheté les dernières fraises chez le marchand d’Octeville-sur-mer. Il avait fait un tour dans le rayon vert de l’église romano-gothique de Saint Martin, repéré la frise sur la Villa cossue juste à côté. Vers 13h, il déjeunait dans son petit jardin, entouré de glycine, de sa tante et de deux chats, alors que Audrey H. et Jean-Louis reprenaient leur Coccinelle, bredouilles.
Saint Jouin Bruneval, avril 2026, tous droits réservés
Son : Lili Boulanger, D’un matin de printemps, 1918, Orchestre De Picardie, Arie Van Beek, 2020
Audrey H. et Jean-Louis étaient partis en Normandie justement pour mener l’enquête. Jean-Louis avait huit ans, des joues, et lisait L’aiguille creuse. Audrey H. était enseignante-chercheuse en minéralogie à Sorbonne Université, spécialisée dans la formation des diamants mantéliques, les inclusions vitreuses, fluides et minérales –whatever it means.
Juste avant les vacances de Pâques, son ami Nicolas B., écrivain-voyageur de renom avec qui elle entretenait une relation géologico-épistolaire –whatever it means–, lui avait envoyé cette dépêche sortie dans la gazette locale : « Mystérieuse disparition du joyau de Yport ». Un diamant bleu de collection dont elle n’avait jamais entendu parler qui refaisait soudainement surface, ça l’avait évidemment intriguée.
En fouillant dans les archives en ligne, il apparaissait que Jean-Baptiste Feuilloley, premier maire d’Yport, avait un homonyme né à Saint Jouin à la même époque. Cela sentait la double identité et méritait investigation.
Audrey H. et Jean-Louis partirent un dimanche matin de bonne heure, glaner des informations l’air de rien dans les marchés locaux. À Harfleur, ils trouvèrent de la gelée de coing et du cidre, et le vieux couple de fermiers leur expliqua que les poules avaient été attaquées par le renard.
À Octeville-sur-Mer, les fraises de Jumièges avaient toutes été vendues, et une petite frise fleurie ornait la villa près de l’église. Encore une église Saint Martin, bricolée par l’Histoire depuis le XIIIème siècle, qui luisait en son cœur d’une lueur de verre verte.
Comme c’était l’heure de déjeuner, ils s’installèrent sur la plage industrieuse de Saint Jouin Bruneval, pour manger des tranches d’andouilles, des pommes et des petits navets frais. Ils remontèrent ensuite au village, garèrent la Coccinelle devant un vieux rade silex-brique fraîchement retapé et parfumé de glycine, firent un tour de l’église fermée, du Clos des Fées en ruines fantômatiques, et n’ayant croisé âme qui vive, mirent cap vers Yport, pour y prendre leurs quartiers.
Maurice Leblanc, schéma des 7 abbayes, dans La Comtesse de Cagliostro, Gallica, journal Le Journal, du 10 décembre 1923 au 30 janvier 1924
La disparition avait eu lieu à Yport. Un collier de rubis encerclant un diamant bleu, pièce qui aurait appartenu à la princesse Mathilde de Normandie – selon la légende chantée par les pêcheurs, aussi romantiques qu’anachroniques1.
Pendant quelques années, il était resté enfermé sous une dalle dans la petite église Saint Martin, entre les flaques de vitraux et les ex-voto de trois-mâts minutieusement reconstitués par l’Association des Marins Reconnaissants. Puis, en 1850, sous l’impulsion du premier maire de la ville, Jean-Baptiste Feuilloley, féru de romans-feuilletons qui faisaient alors fureur, le trésor avait secrètement été transporté dans la tour de l’horloge du relai de Poste. Tour à la verticalité hasardeuse qui donnait à tout le village, jusqu’à la mer, un air penché.
Yport, La Grande Rue
Le siècle était passé en laissant peu de traces sur les façades d’Yport, la zébrure des silex et des briques, les maisons mitoyennes hautes et étroites, seul le front de mer avait été quelque peu bétonné, mais la baraque à frites et le marchand de crêpes rayés de bleu préservaient une ambiance balnéaire familiale.
Sur cette même plage à galets, un soir de demi-lune embrumée, au niveau de la falaise de droite, sur la jetée, il s’était créé un trou dans l’Univers. Si l’on n’avait pas été physicien, on aurait pu croire à un phénomène surnaturel : les embruns et le ressac s’étaient rejoints en une silhouette fluide, qui avait furtivement remonté la ruelle jusqu’à la Tour, l’avaient enlacée jusqu’au sommet, avant de s’engouffrer entre les lames des volets. Au matin : pffuit ! Le coffre bien fermé et pourtant, le collier béant parmi les rubis intacts : le diamant bleu avait disparu.
Yport, Le bas de la Jetée
Le diamant bleu le plus ancien connu a été rapporté d’Inde en 1666 par un marchand français, Jean-Baptiste Tavernier. Mathilde de Flandres, duchesse de Normandie et épouse de Guillaume le Conquérant, a vécu six siècles plus tôt. ↩︎
un onigiri dans le lit de la Seine un chiffon cake un chapitre de livre un parc secret aux lèvres scellées une bouchée de chocolat de Madagascar qui fond dans la poche des choses favorites un parapluie parisien toutes choses qui sont proches bien qu’éloignées aujourd’hui hier encore avant et demain
Volupté mutique tissée dans la scansion des phrases. Il y a quelque chose d’élitiste et de cavalier à tailler des blocs de noirs sur du papier gaufré blanc
et puis mon Dieu ces effluves de la ville de Cholen, du Mékong la lumière bleue des chambres de l’internat la peau ronde d’Hélène Labonnelle dormant en position foetale
la douleur rouge et sanguine de l’amant, du jeune chinois milliardaire,
et elle, on ne saura jamais, malgré la rythmique lancinante et retournante des phrases, les mots déroulés au tapis des scènes de films français, les portraits de famille croqués au couteau suisse, on vivra tout cela à deux pas d’elle
on saura l’émotion des autres, plaqués les larmes, les silences, les cris
et elle, seize ans ? dix-sept ans ? et ce paquebot qui part pour la France, la séparation, la vie en son axe
– c’est vrai pourtant seize ans, on vivait sans comprendre, des déchirures des autres, des agitations sous la peau, des églises roses et pénombre, le goût des fleurs au tombant du jour, le badigeon térébenthine dans une chambre nuages,
le futur, les châteaux, les fauteuils crapauds, les chevauchées dans la neige, bottes et capeline – sans comprendre mais on savait un peu et tout du long, que ce serait ça qui compterait, qui définirait, qui écrirait tout
Des années après la guerre, après les mariages, les enfants, les divorces, les livres, il était venu à Paris avec sa femme. Il lui avait téléphoné. C’est moi. Elle l’avait reconnu dès la voix. Il avait dit : je voulais seulement entendre votre voix. Elle avait dit : c’est moi, bonjour. Il était intimidé, il avait peur comme avant. Sa voix tremblait tout à coup. Et avec le tremblement, tout à coup, elle avait retrouvé l’accent de la Chine. Il savait qu’elle avait commencé à écrire des livres, il l’avait su par la mère qu’il avait revue à Saigon. Et aussi pour le petit frère, qu’il avait été triste pour elle. Et puis il n’avait plus su quoi lui dire. Et puis il le lui avait dit. Il lui avait dit que c’était comme avant, qu’il l’aimait encore, qu’il ne pourrait jamais cesser de l’aimer, qu’il l’aimerait jusqu’à sa mort.
— Marguerite Duras, L’Amant, 1984
Marguerite Donnadieu à 16 ans, archives familiales Jean Mascolo