Stranger Than Paradise

Il fallait bien ces quelques jours de calme pour digérer la culture boulimique de juillet. Stranger Than Paradise, dans la fraîcheur du Champo alors que Paris-marmite se bat sous son couvercle. Ça m’a émue, ce noir et blanc absurde – au point de me renvoyer un caléidoscope d’images dans la tête, dans mes moments silencieux. La fille pas belle, pas moche, plutôt jolie. Un film qui prend son temps puisque les personnages de toute façon n’ont rien à faire de leurs journées. C’est drôle et on sourit d’un sourire un peu triste, à cette combinaison de détails inutiles, à l’ellipse générale – comme si on avait mis Salinger à l’écran. J’aime cette expérience, le vide existentiel américain, l’impression de passer mon cerveau à la machine, une grande vague qui passe et qui lave tout.

Son : Screamin’ Jay Hawkins, I Put a Spell On You, 1956

Eszter Bálint et John Lurie dans Stranger Than Paradise, dir. Jim Jarmush, 1984

Cruel Summer: Movies & Board Games

La canicule n’a pas dégelé le recrutement des CDD au CNRS. Chaleur, chaleur, à la recherche d’air climatisé, je voulais prouver à C. (qui n’a rien demandé) et au monde que je suis aussi capable de culture ; j’ai entraîné mes garçons dans tous les musées de Paris, à voir mes films fétiches au nom rafraîchissant : Sueurs froides, Mon oncle, Amélie Poulain. Et puis Jim Jarmush, la fille au manteau et au pantalon trop grands dans une Amérique du non sens. Je n’ai pas dit longtemps, à personne y compris à moi-même, que la décision de disqualification de notre dossier de jouvence de coupole m’a mis un sale coup. J’avais rassemblé toutes les cartes : finances, études, personnes, et là je découvre que je n’ai pas le droit de jouer. Je n’aime pas perdre et je n’aime pas cette période nécessaire d’inaction apparente, où l’on observe la suite dans l’incertitude et l’on avance d’autres pions. Le CNRS a inventé d’autres jeux de plateau : une fusion d’instituts en plein été, en pleine canicule, de cette façon les cerveaux ramollis fusionneront naturellement. Lee Miller, Rousseau, les expos s’enchaînent dans la poussière, la chaleur, les sandales et les cafés glacés. On dirait que je veux cocher ma check-list pour touristes américains. De tous horizons, les touristes en troupeaux sous la tour Eiffel, et les ponts au couchant soufflés par un dragon embrasé. Je me nourris un peu boulimique, c’est vrai, et je me nourris de cette façon étrange, étrangère à l’écriture. Vu Lee Miller sans fixer de mots dans les bains d’ammoniaque de mon cerveau, vu Jim Jarmush en postillonnant in situ l’implacable Amérique, sans chercher à lever le noir et blanc de lignes ici. Un vécu différent comme s’il se consommait sur place dans l’immédiateté orale. Nous sommes à la préhistoire, les traditions orales, et règne dans la caverne un chaos tel que je suis incapable d’en faire sens. C’est un été cruel aux pyromanies et âges de glace en interne et en externe —a Song of Ice & Fire ; d’une façon sacrificielle ou d’une autre, il faudra retourner dans l’Histoire. Écrire.

So cut the headlights, summer’s a knife
I’m always waiting for you just to cut to the bone
Devils roll the dice, angels roll their eyes
And if I bleed, you’ll be the last to know

— Taylor Swift, Cruel Summer, in Lover, 2019

Son : Taylor Swift, Cruel Summer, in Lover, 2019. [À écouter sans prétention et sans modération ; Taylor Swift, 29 ans alors, fait vibrer les passions estivales de jeunesse, cette époque maudite et bénie, où on était (encore plus) paumés, « where you’re yearning for something that you don’t quite have yet, it’s just right there, and you just, like, can’t reach it, » dit-elle.]

Paris, juillet 2026

To Dunhuang and back

Et ils creusèrent des trous de verre entre Roissy et la banlieue Sud, affrétèrent taxis et bus de remplacement, planqués sur des stations essence comme dans les films d’espionnage. Ils transformèrent les aéroports en plateau de tournage, en cabine téléphonique, en bureau de direction ou en QG de collaboration, par visio et par chat, ils transformèrent le voyage en un processus de translation logistique où ne se perdent aucun dossier ni aucun mot ni aucun ressenti entre le décollage et l’atterrissage. Entre les piliers des caddies, et les files d’attentes parce que Air China ne sait pas enregistrer les passagers en ligne, et des tapis roulants en escargots architecturaux. Le jour se levait et se couchait dans les grandes baies vitrées de Beijing, affichant des brumes douteuses où le kérosène avait sa part. Il était question de coffee shop et de xiao long bao et de toujours bien tenir la poignée de sa valise cabine. Sur le tarmac, alors que l’avion se meut déjà, la conversation transcontinentale qui se tient est cruciale, comme si elle contenait la clé de la semaine, peut-être des derniers mois, de l’année écoulée ? Et au point culminant où la solution est livrée, l’envol et la déconnexion – le Grand Rex de la vie. Shutdown pendant 12 heures, sommeil et silence nécessaires. À six heures du matin, sur le périphérique, le taxi a un accrochage avec un conducteur – qui se couche sous ses roues pour ne pas qu’il parte sans signer un constat. Après, on ne se souvient plus trop, mais il y avait du café, de la tourte, des fromages et de la roquette.

Son [un peu de pop rock bien soupique des 90s, en écho au titre – et en souvenir de nos seize ans, quand on ne songeait pas un seul instant qu’on vivrait toutes ces dingueries] : Savage Garden, To the Moon and Back, in Savage Garden, 1997

Aéroport de Beijing, mai 2026

Sous la pluie les gouttes de pluie la glycine gouttait goutte à goutte après le déluge les grandes bottes de pluie j’avais été te trouver dans le déluge en enfourchant des bus puis des bus et j’ai raté mon arrêt, remontée de tes mots de la veille je me suis dit : pourquoi est-ce que je fais cet effort là ? toi au chaud et moi sous la pluie. Plus tard tu m’as écrit que tu étais au jardin, sous la pluie et dans les rêves, puis tu as pris un train et nous étions sous la glycine, tu es venu avec un coquelicot à la main, et moi un banana bread, le banana bread de la réconciliation, j’ai dit. J’avais enfin la mémoire de ce que je suis et où je m’arrête et pourtant dans ce fil-là, on aurait dit le déroulé d’un animé japonais ou d’un drama coréen, ce n’était pas grave et c’était important, c’était fleuri, printanier, et dans la scénographie il y avait les senteurs de la pluie, il y avait la verdure et la nature. Chaque saison, au Japon, c’est comme si l’art était empreint de la règle du haïku, toujours insérer un élément qui rappelle la saison. Si on ne rappelle pas la saison, il n’y a pas de poème, pas de vie, pas de vécu.

Son : Kotringo, 悲しくてやりきれない, in In This Corner of the World Original Soundtrack, 2016

Hayao Miyazaki, Mon voisin Totoro, 1988

Charade normande [8]

Son : Stan Getz, Charade, in Reflections, 2003

Jeudi : dernier jour des vacances. En prenant son café du matin, Audrey H. fit de nouveau la lecture à Jean-Louis. Cette fois-ci, non sur son téléphone, mais directement dans le carnet Moleskine.

En quittant Surmak, on traverse d’abord des étendues rouges et noires semées de taches de sel. Au bout de cent kilomètres, c’est le sel qui l’emporte, et malheur à qui n’a pas de quoi protéger ses yeux. Nous avons roulé de quatre à sept heures du soir sur cette excellente piste de terre sans rencontrer âme qui vive. A cause de la sécheresse de l’air, le regard porte à des distances incroyables: cette construction, là-bas, sous un arbre isolé, combien de kilomètres ? Thierry dit quatorze ; moi, dix-sept. On parie, on roule et le soir tombe avant que personne gagne: elle est à quarante-huit kilomètres en ligne droite.

— Nicolas Bouvier, L’usage du monde, Ed. La Découverte, 1963

Un message de Cary G. interrompit leur lecture : « J’emmène ma tante visiter Veules-les-roses. »

Elle s’y rendit donc elle aussi, un crochet avant de rentrer à Paris. Ils se perdirent entre les maisons et les fleurs, en prenant soin de ne pas se croiser. Au moulin, en amont de la Veule, elle inséra le Moleskine noir dans un double ziploc empli d’air, et le laissa flotter et dériver dans l’eau, vers l’aval. Jean-Louis jouait dans l’eau fraîche du ruisseau.

« Got it! » surgit moins d’une minute plus tard, la réponse d’un dénommé Nicolas B., qui n’était autre que Cary G., et qu’Audrey H. allait, paraît-il, épouser.

Pierre Bonnard, Panneaux décoratifs – Femmes au jardin, 1891, Musée d’Orsay

Charade normande [7]

Son : Georges Brassens, La non demande en mariage, 1966

Audrey H. ne semblait pas surprise de le voir. Il lui avait apporté des fraises de Jumièges. Elle lui demanda où il logeait.

« Chez ma tante, dans notre maison familiale, à Saint Jouin Bruneval. »

Devant son sourcil froncé, il expliqua :

« Jean-Baptiste Feuilloley, le premier maire d’Yport, avait bel et bien une double vie. Il était tombé amoureux d’une princesse persane en exil. Il la cachait à Saint Jouin, où il avait fondé une seconde famille – ma famille.
— Alors la maison de ta tante…
— C’est celle de Feuilloley et de sa princesse.
— Et le diamant… 
— Digne d’une princesse, a pensé Feuilloley. Il a profité du transfert du bijou dans la tour de l’horloge pour escamoter la pierre. Il l’a offerte à son amante. Et pour éviter tout esclandre, il l’a remplacée par un cristal de sel bleu de Perse qu’elle lui avait elle-même donné. »

Elle pensait aux pages du carnet de Nicolas B., ses déserts silencieux, et ce sel bleu que l’on extrait dans les flancs des montagnes de l’Ergourz, au nord de l’Iran.

« Le subterfuge a tenu quasiment deux siècles. Mais l’autre nuit, va savoir pourquoi, le réchauffement climatique ? L’air s’est chargé d’une humidité record. Le cristal de sel bleu n’a pas résisté. Il était déjà rongé par les embruns. Il a totalement fondu. »

Il sortit de la poche de son pardessus, successivement, le pliage du pas de l’ange, et une petite boîte qu’il lui tendit.

« Il était dans une cache sous une gouttière de la maison. Je pense qu’il a sa place dans la collection des minéraux de Sorbonne Université, ou un musée à Yport. Bon courage simplement pour la paperasse. »

Audrey H. tendit la main, prit la boîte, souleva le couvercle, et y découvrit un diamant bleu à l’éclat sans équivoque pour une minéralogiste spécialisée en diamants mantéliques –à inclusion qui plus est. Elle murmura, dans un transport scientifique geek, aussi ridicule qu’émouvant : « Regarde, ce sont les inclusions de bore dans la structure cristalline qui font cette couleur. Une particularité chimique extrêmement rare. »

Le diamant était monté sur une bague. Il déposa entre ses doigts le papier plié. Elle hésita un instant puis l’ouvrit sans bien comprendre. Le message disait, d’une écriture serrée :

« La bague est malhonnête mais ma demande en mariage ne l’est pas. »

Diamant bleu Farnèse (6,16 carats). Découvert dans la mine de Golconde en Inde, il y a 300 ans et offert à Elisabeth Farnèse, reine d’Espagne, épouse du roi Philippe V.

Charade normande [6]

Son : Maurice Ravel, Gaspard de la Nuit, M. 55: I. Ondine, 1908, Vanessa Wagner, in Ravel: Piano Works, 2014,

Mercredi, Jean-Louis voulait aussi grimper aux arbres, et Audrey H. l’accompagna pour prendre de la hauteur. Redescendus sur terre ferme, ils se rendirent sur le front de mer d’Yport, se graisser les doigts dans une barquette de frites. Elle mit un petit message à Nicolas B. : « RAS sauf peut-être sous le pied de l’ange. »

Dans la suite de l’après-midi, le gouffre : rattrapée par le travail administratif laissé au laboratoire, empêtrée dans des organisations poussives et des discussions ineptes, elle attrapa quelques crabes, dont un perdit une pince. Jean-Louis s’en affligea longuement.

Au même moment, à Fécamp, Cary G. pénétrait dans l’une des chapelles de l’Abbaye, repérait un pliage en forme de diamant, le rangeait dans la poche de son pardessus.

À la tombée de la nuit, il était à Yport.

Il surveilla par la fenêtre Audrey H. et Jean-Louis en train de préparer des cookies. Ça sentait le beurre au sel de Guérande jusque dans la rue. Il attendit tranquillement que l’histoire du soir soit lue et que Jean-Louis soit endormi.

Puis il frappa à la porte.

Claude Monet (1840-1926), Yport, la nuit, pastel on paper adhered to a support sheet.

Charade normande [5]

Son : Kate Bush, Running Up That Hill (A Deal With God), in Hounds of Love, 1985

Mardi, Jean-Louis avait oublié de prendre des slips, alors il fallait aller au Leclerc en acheter. Cela faisait partie des aléas d’une enquête. Ils en profitèrent pour s’arrêter à l’Abbatiale de Fécamp. Dans les couloirs aériens de la nef et dans les boudoirs à colonnades blanches, les liens historiques se tissaient avec les moines outre-Manche ; on entendait les plumes gratter le papier, comme les scribes recopiaient des kilos de livres, pour constituer l’un des scriptoriums pionniers du monde médiéval.

Dans la chapelle du pas de l’ange, une pierre usée, incurvée, qui aurait été creusée par ledit ange. Elle était accompagnée d’une sculpture gothique qui sert de réceptacle à des bouts de papiers pliés et autres prières païennes. Jean-Louis écrivit un vœu, Audrey H. griffonna une charade et plia la feuille en forme de diamant. Parfois c’était ainsi qu’on pêchait les crevettes.

Abbaye de la Trinité de Fécamp, avril 2026

Ayant ouvert et déchiffré le Moleskine, ils reprirent la Coccinelle et mirent le cap sur la Valleuse d’Antifer, au-dessus d’Étretat. Sur le voilier de leurs imperméables, en tenant leurs chapeaux, les bancs de lumière ruisselaient dans les champs, tout en haut tout en haut des falaises. Ils s’arrêtèrent, croquèrent le paysage, assistèrent à l’envolée des cansons de Jean-Louis dans le vent, puis revenus dans la ville et sa foule, commandèrent une glace à la Bénédictine, aussitôt volée par une flopée de goélands.

Pendant ce temps, Cary G. grimpait aux arbres pour accéder à une cache derrière la gouttière de la maison de sa tante.

Falaise d’Aval, avril 2026 © Electre

Charade normande [4]

Son : Parviz Meshkatian, Kambiz Roshan Ravan, A Piece for Santur & Orchestra, in Doode Ood, 2011

Lundi : Cary G. emmena sa vieille tante à Étretat, mais elle n’était pas assez vaillante pour aller au sommet. Il se perdit dans le bain de foule et dans la longue marche jusqu’au parking à touristes.

Lundi : marée basse à Yport. Jean-Louis et Audrey H. partirent avec seau et épuisette débusquer des crevettes. Sur le chemin, dans un petit café, tout en dégustant un Brésil de spécialité et une tarte fine, elle écrivit à Nicolas B. : « RAS. Pas de trace de diamant bleu, personne n’en parle ici. C’est une vaste blague. »

Elle reçut pour toute réponse les photos de son carnet de voyage. Des pages de sa traversée du désert iranien, ses mésaventures automobile sur la route de Yezd. Faute de comprendre ce que signifiait son message, ni s’il était en France ou en Iran, elle les lut à voix haute à Jean-Louis, qui se tartinait de Chantilly.

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Nous nous étions beaucoup interrogés sur ce gâteau de terre dressé loin devant nous en bordure de la piste : la forme à peu près d’un cornet à dés renversé, ou d’un œuf posé sur la base. Mais c’est une enceinte carrée, aveugle, dont le sommet crénelé s’élève à trente mètres au-dessus du désert de sel. Silence absolu et soleil vertical. Un ruisseau qui traverse la piste y pénètre en passant sous une porte à peine assez large pour un âne bâté. On l’a poussée, et derrière, il y avait un mouton écorché suspendu à une voûte, des cris d’enfants, des ruelles bordées de plusieurs étages de maisons, une grande pièce d’eau turquoise entourée de noyers, de maïs, de petits champs qui montaient en gradins jusqu’au niveau des murailles. Bref, toute une ville à vivre sur ce filet d’eau. En levant la tête, on voyait d’étroites volées d’escaliers monter en zigzag jusqu’à la ligne des créneaux, et le soleil comme du fond d’un puits. Les quelques vivants de cette place forte sont revenus avant nous de leur surprise, et le plus hardi nous a offert le thé chez lui. Une centaine d’habitants s’accrochent encore à cet endroit qui s’appelle Fakhrabad, et subsistent grâce aux petits troupeaux qu’ils ont dans les montagnes, à deux journées de marche. Parfois un camion d’épicerie venu de Yezd s’arrête devant la porte ; parfois aussi une semaine entière s’écoule sans qu’on voie rien passer sous les murailles.

Ici, le vent même n’entre pas. Les feuilles mortes de plusieurs années tapissent les toits, les terrasses, les escaliers acrobatiques, et craquent sous le pied.

— Nicolas Bouvier, L’usage du monde, Ed. La Découverte, 1963

Thierry Vernet, illustration de L’usage du monde, Nicolas Bouvier, Ed. La Découverte, 1963

Jeux d’eau reflétés sur les tables-rochers, ils marchèrent loin en contournant les falaises sur la gauche, jusqu’à ne plus voir la ville. La côte d’albâtre continuait à perte de vue, et ce trou gigantesque creusé dans la craie, qui sentait l’algue. Ils prirent deux crevettes dans le seau en plastique – un goût de pas assez.

En rentrant à Yport, la tour de l’horloge avait un air interrogateur. Ils cuisirent un crumble avec du beurre du crémier et les pommes du verger.

***

Cette nuit-là, Cary G. se faufila dans Yport dans l’obscurité, interrogea l’horloge, la falaise, les deux rues du village, passa par la porte qu’Audrey H. avait oublié de fermer, prit trois cuillères de crumble et de la glace à la vanille. « Et qui a mangé le Neuchâtel au lin ? » s’offusqua Jean-Louis au réveil le matin.

Mais ce n’est pas le fromage qu’Audrey H. repéra sur la table. Elle attrapa le Moleskine noir rempli d’une écriture serrée et le glissa dans son sac. Les indices de Cary G., elle allait les débusquer, et avec plus de succès que les crevettes translucides.

Thomas Chelimsky et Audrey Hepburn in Charade, 1963

Charade normande [3]

Son : Henri Mancini, Charade (Main Title), in Charade, 1963

Audrey H. et Jean-Louis ignoraient que la veille, un certain Cary G. avait déjà fait la route jusqu’à Saint Jouin Bruneval. Il était parvenu à la même conclusion : ce premier maire constituait une piste sérieuse. Il voulait donc voir les décombres du Château du Clos des Fées, ainsi que les registres de l’église, et ça tombait bien : sa vieille tante habitait toujours la maison familiale du village. Il s’invita donc chez elle.

Dimanche vers 11h, il avait acheté les dernières fraises chez le marchand d’Octeville-sur-mer. Il avait fait un tour dans le rayon vert de l’église romano-gothique de Saint Martin, repéré la frise sur la Villa cossue juste à côté. Vers 13h, il déjeunait dans son petit jardin, entouré de glycine, de sa tante et de deux chats, alors que Audrey H. et Jean-Louis reprenaient leur Coccinelle, bredouilles.

Saint Jouin Bruneval, avril 2026, tous droits réservés