Sous la pluie les gouttes de pluie la glycine gouttait goutte à goutte après le déluge les grandes bottes de pluie j’avais été te trouver dans le déluge en enfourchant des bus puis des bus et j’ai raté mon arrêt, remontée de tes mots de la veille je me suis dit : pourquoi est-ce que je fais cet effort là ? toi au chaud et moi sous la pluie. Plus tard tu m’as écrit que tu étais au jardin, sous la pluie et dans les rêves, puis tu as pris un train et nous étions sous la glycine, tu es venu avec un coquelicot à la main, et moi un banana bread, le banana bread de la réconciliation, j’ai dit. J’avais enfin la mémoire de ce que je suis et où je m’arrête et pourtant dans ce fil-là, on aurait dit le déroulé d’un animé japonais ou d’un drama coréen, ce n’était pas grave et c’était important, c’était fleuri, printanier, et dans la scénographie il y avait les senteurs de la pluie, il y avait la verdure et la nature. Chaque saison, au Japon, c’est comme si l’art était empreint de la règle du haïku, toujours insérer un élément qui rappelle la saison. Si on ne rappelle pas la saison, il n’y a pas de poème, pas de vie, pas de vécu.
Son : Kotringo, 悲しくてやりきれない, in In This Corner of the World Original Soundtrack, 2016










