Fête de la musique – annulée
puis maintenue – par 37 degrés à l’ombre
dans l’ancienne mairie de Sceaux
A. acrobate sérieux et heureux
sur un six mains de Cornick
Par la fenêtre transpirent les grands tilleuls verts.
Un autre siècle, cette ville.
Un nocturne de Chopin
un Lied de Beethoven accompagné a la guitare :
un jeune homme bangladais
peau mate et voix de cette texture
un peu court sur pieds, regard franc
chante allemand sous des moulures.
Nous gouttons et frissonnons de tous nos pores
comme il pousse son chant d’amour.
Hier les cubes colorés dans la cour de mon institut
pour accueillir le public
nuit étrange à la lune lunette
mon labo chaleureux dans la chaleur
Le tilleul étêté transpire sur le bout de pelouse.
Toutes les générations sont attentives et vives.
Als mir noch die Träne der Sehnsucht nicht floß,
Und neidisch die Ferne nicht Liebchen verschloß,
Wie glich da mein Leben dem blühenden Kranz,
Dem Nachtigallwäldchen, voll Spiel und voll Tanz!
— Christian Ludwig Reissig (1783-1822), Lied aus der Ferne
[Pour le plaisir de lire et dire l’intraduisible Sehnsucht]
Son 1 : Mike Cornick, Benodet Breeze, interprété par Some Handsome Hands, in Some Handsome Hands, 2013
Son 2 : Ludwig van Beethoven, Lied aus der Ferne, WoO 137, par Matthias Goerne, Jan Lisiecki, 2020
