Jeux d’eau

Sous les grands tilleuls coupés au carré, les grands marronniers, les allées de graviers et plate-bandes débordants de rosiers rouges et gaura blancs rosé. Robe longue, fleurie et serrée à la taille, chapeau, c’était la Villa d’Este et les jeux d’eaux, les fontaines Arcimboldo et le petit garçon-chou vert, la balustrade donnait sur un plan d’eau caché, long, à la surface ridée, et les carpes traçaient leur silhouette sur l’algue verte. Un petit vent frais filait entre les buis, seulement 31 degrés aujourd’hui, on aurait dit un village de province, la halle aux volets clos, les vieilles pierres blanchies, les terrasses au son de couverts tranquilles, comme un dimanche matin. Parfois un avion de chasse attrape le temps et le compresse comme un mauvais oracle. L’odeur des aiguilles de pin croustillants de soleil, La Traviata, les comédies musicales et mes billets prononcés à l’ombre du pavillon au dôme arabisant, et de la glace pour prolonger l’été comme un roman.

Son : Franz Liszt, Années de pèlerinage / 3ème année, S. 163: No. 4, Les jeux d’eau à la Villa d’Este, interprété par Hélène Grimaud, in Water, 2016

Maurice Denis, Femme en bleu, 1899