Petite obsession pour la pianiste Vanessa Wagner. Ses anciennes estampes de Debussy. Dans l’album This is America! une interprétation pour deux pianos toute en intelligence et en retenue de West Side Story. Du Ravel chatoyant pour la route, et puis l’obsession à son comble avec les études complète de Glass, son dernier album. Glass, je disais à un ami cher que ça me semblait toujours sombre, déprimant. Dans cet album pourtant, des percées de lumière, des rayons d’une solidité fluide, un jeu d’ombre et de lumières. Vanessa. Wagner. Difficile de s’appeler de façon plus romanesque ; elle aurait pu être prédestinée à de longs et laborieux drames néo-médiévaux, à des atlas elliptiques aux ruines prenant l’eau et la brume. Pas vraiment ; chez elle, c’est surtout l’éclectisme : à tout embrasser depuis Haydn à la musique électronique. Dérangée probablement, végétalienne, défenseuse des animaux – au regard bleu perçant, au visage découpé et souligné de rouge. Lorsqu’elle joue, ont perd l’éclat des yeux pour l’arabesque douce des sourcils, l’onde des cheveux… aussitôt réfutées par ses mains. Des mains, des doigts dans un battement pur, la grâce dure puisée aux éléments – et cette bague d’or au cercle inscrit de runes.
Son : Vanessa Wagner interprète Philip Glass, Etude No. 1, in The Complete Piano Etudes, 2025.
Vidéo : Sur un vieux piano à New York. Vanessa Wagner interprète Etude No. 17, in Glass: The Complete Piano Etudes, 2025
