
Ma peau se délite, mes yeux sont étroits et rouges de manque de sommeil, je n’arrive pas à être juste dans mes interactions, je hurle à en perdre la voix contre l’antagonisme et l’impertinence pré-adolescents, tout m’échappe, ma seule place, me semble-t-il, est auprès de Karl et de ses singularités.
Heureusement, je discute avec O. et en quelques minutes, ça me rappelle ce que je suis. Dans ses yeux, je suis exactement ce que j’aspire à être, alors c’est ce que je retrouve, la justesse, la grande justesse. Puis il me dépeint avec dérision tous les problèmes de la collaboration, ce qui me fait tellement rire et remet les choses à leurs petites places.
Heureusement, P. a toujours la distance parfaite à mes fluctuations. Je le lui dis et il hausse les épaules : « En même temps, je te pratique depuis vingt ans, on est mariés… » Je fais remarquer que non, il s’agit d’un talent, et que O. semble l’avoir aussi. Je manque de m’étouffer dans mon thé quand il me rétorque : « En même temps, il te pratique depuis dix ans et vous être mariés… »
Heureusement, il reste l’humour et la dérision, indispensables ingrédients à la justesse. Et ceux qui m’accompagnent de près en ont quelques masses solaires en stock.
Son : Heureusement, L. me fait découvrir Clara Ysé et dès la première chanson (Douce, 2023), je ne peux plus m’arrêter de l’écouter. Un texte viscéral, dans un mélange de magicienne et de Barbara ; je ne crois pas que cela m’apaise, mais elle me transporte dans de la vibration, loin de la non-justesse.